Mai 302013
 

J’ai eu le plaisir d’intervenir à Lyon le 30 mai 2013 lors d’une matinée d’étude consacrée au thème « curation et infobésité », organisée par Doc Forum en partenariat avec L’ADBS Rhône-Alpes pour parler de la curation et de ses outils. Voici le support de l’intervention.

Rémy Thibert sur le blog Eduveille est l’auteur d’un compte-rendu accompagné de commentaires pertinents : http://eduveille.hypotheses.org/5409

Jan 272013
 

La curation est souvent présentée comme une pratique destinée aux « amateurs » , en raison de son adoption par un grand nombre de personnes, qui utilisent ce moyen de  sélectionner, éditer et partager les contenus les plus pertinents du Web (selon la définition proposée par Wikipedia) pour diffuser les résultats d’une veille effectuée à titre personnel. Or elle est aussi utilisée par des professionnels qui se servent de ce moyen simple de structurer et diffuser l’information dans le cadre de leurs activités professionnelles courantes.  Des organisations peuvent aussi afficher aussi leur noms sur les dispositifs de curation, renforçant ainsi cette appropriation professionnelle.
Ainsi, trois organismes, Marianne, Thot-Cursus, l’Urfist de Rennes se servent des outils : Pearltrees, Scoop-It et Diigo afin de classer, présenter du contenu web.   En choisissant ces dispositifs de curation, quels peuvent être leurs objectifs ? De quelle façon l’information est-elle présentée, comment le public la perçoit ?

 

Scoop-It met en valeur les ressources du site Thot-Cursus

Thot Cursus diffuse des informations liées à la formation depuis 1996 et opère un site se présentant comme le « plus important site de référence francophone dans le domaine de la formation à distance, formation en ligne, apprentissage »

scoop-itthot

Scoop-It  est un outil qui permet de réaliser un magazine en ligne à partir des ressources que l’on souhaite mettre en valeur. Un contenu Web est rapidement envoyé sur Scoop-It : automatiquement un extrait de la page, texte et image, est intégré à un portail  d’autant plus plaisant à lire que la sélection d’articles sera bien éditorialisée ou commentée par le curateur.

Isabelle Gruet, community manager chez Thot Cursus édite trois portails Scoop-It qui regroupent des ressources déjà parues sur le site.

  • « Ressources d’apprentissage gratuites » : des produits d’apprentissage en accès libre.
  • « Des outils numériques pour tous » : une sélection d’articles publiés dans la rubrique « Technologies ». 
  • « La semaine du e-Learning » : des ressources produites par des partenaires.

Pour cette mise en valeur, Scoop-It est l’outil idoine : très populaire, il dispose d’une forte notoriété  et bénéficie d’un bon référencement sur Google. Cet outil peut entraîner un accroissement de trafic pour les articles qu’il relaie et permet de les promouvoir sur les réseaux sociaux (voir ces deux témoignages  ici et   )

En revanche, éloigné des capacités de classement de Pearltrees ou Diigo, Scoop-It n’est pas le meilleur outil pour retrouver de l’information ancienne. Certes, des mots-clefs assignés par le curateur peuvent y aider, mais leur gestion se révèle peu pratique à l’usage. Si des erreurs de classement s’accumulent, s’il faut modifier un mot-clef, il sera nécessaire de procéder à la correction article par article. En dépit de ces points faibles, on peut supposer que l’outil Scoop-it est bien choisi pour qui veut promouvoir des ressources.

 

Pearltrees classe et expose la documentation des articles de Marianne, pour les journalistes et pour les lecteurs

Sur le site de l’hebdomadaire Marianne, outre les écrits des journalistes, une communauté active de lecteurs et de contributeurs, les mariannautes, participent à la vie du site via leurs réactions aux articles sur les forums, ou avec des blogs associés au site.

PearltreesMarianne

Lancé en décembre 2009, le service Pearltrees  permet d’organiser ses marque-pages sous la forme de cartes thématiques, les pearltrees, « arbres de perles ». Une perle représente une page (un contenu web) ou un dossier. Reliées, les perles forment des arbres. Les classer exige un peu de réflexion mais facilite la recherche d’information. La visualisation des perles, proche de celle d’une carte heuristique,  présente l’information de façon à ce que le lecteur puisse faire des découvertes.  Le pearltrees de Marianne est fait de dossiers thématiques : politique, sport, économie, etc., qui renvoient à d’autres dossiers (« présidentielles 2012 » comme sous dossier de « politique »), puis à des pages d’actualités, la plupart faisant partie du site de Marianne. Comme l’explique Mathieu Maire du Poset de Marianne, Pearltrees  sert à documenter les articles du site, pour les journalistes comme pour les lecteurs. En exemple, cet article, qui se termine par un pearltrees regroupant les articles sur le même thème (la sécurité).

Ce Pearltree simple, en bas d’un article, fait d’un dossier et de quelques pages est très accessible au lecteur qui accède ainsi immédiatement à une documentation supplémentaire. Sur le Pearltree plus complet qui rassemble l’ensemble des dossiers, la navigation demande quelques instants pour trouver l’information : c’est la contrepartie d’un dispositif de classement avancé qui sort du standard de présentation des pages web habituelles ; l’internaute motivé en tirera avantage, le zappeur risque de passer son chemin.

Dans ce cas de figure, s’adressant à une communauté de lecteurs fidèle, l’outil de curation est bien choisi,  et convient autant au « curateur » qui organise sa documentation qu’au visiteur qui trouve facilement des informations liées à son thème d’intérêt.

 

Diigo permet à l’Urfist de Rennes de gérer et diffuser une bibliothèque de liens en ligne

Les Urfist, organismes de formation et de recherche, diffusent dans l’enseignement supérieur l’usage et la maîtrise de l’information scientifique. Grâce à Diigo, l’ Urfist de Rennes présente une bibliothèque de liens classée à l’intérieur de listes et indexées par mots-clefs.

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Crée en 2006, Diigo est généralement présenté comme un outil de Social Bookmarking (marque-pages social) . Son lancement est antérieur à l’apparition du terme de curation, 2009/2010

Il paraît pourtant intéressant de l’inclure dans cet exposé. En effet, comme le fait remarquer Christophe Deschamps dans son comparatif de 12 solutions de curation établi au début de 2012,  au delà du « positionnement marketing », (la façon dont les outils se présentent ) il y a la définition de la curation, proposée par Wikipedia : « La curation de contenu (…) est une pratique qui consiste à sélectionner, éditorialiser et partager les contenus les plus pertinents du Web pour une requête ou un sujet donné ». Or, selon cette définition, Diigo est un outil de curation. Une autre raison de l’inclure : pour cette même étude, Diigo est parmi le lot étudié l’outil qui propose le plus de fonctionnalités. C’est sans doute pour cette raison qu’il a été choisi par l’Urfist de Rennes, organisme de formation et de recherche, comme outil pour gérer une bibliothèque de favoris. Ainsi, il est possible sur Diigo non seulement de diffuser les résultats d’une veille sous forme de liens, mais aussi de proposer de nombreux flux RSS thématiques à partir de cette bibliothèque : par mots-clefs, par listes, etc. afin de proposer une diffusion filtrée de façon très fine. L’outil est aussi très appréciable pour ses capacités collaboratives, utiles dans un contexte de recherche ou d’apprentissage : un groupe de travail peut être créé où chacun dépose des liens, annotés et commentés.

Si Diigo convient pour faire un travail de curation de façon collaborative, il sera plus coûteux en temps d’apprendre à le maîtriser que les autres outils. Son apparence peut être rebutante lors de la première approche : il s’agit bien d’un outil logiciel, avec de nombreux menus, non d’un site fait pour capter l’attention dès la première visite. Ces « défauts » sont la contrepartie de sa richesse fonctionnelle, comme les autres outils il plaira à certains et déplaira à d’autres. Il paraît cependant intéressant de l’inclure dans la liste des outils lorsqu’il faut en choisir un.

 

La curation peut connaître de multiples applications professionnelles : promouvoir des ressources pour des community managers, gérer et diffuser de la documentation ou participer à l’écriture d’un article pour des journalistes, gérer une collection de lien utile à l’enseignement ou à la recherche.

Les outils sont nombreux : il convient d’étudier ses besoins (exposition au public, promotion, esthétisme, travail collaboratif, etc.) de connaître les fonctionnalités des outils et de les tester pour choisir celui qui conviendra.

 

Sur ce blog, un autre billet sur le même thème : Usage de la curation : comment l’Expansion.fr utilise Storify pour rédiger un article

 

Jan 012013
 

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En l’an 2000, l’expression “réseaux sociaux” était peu usitée pour qualifier la participation des internautes, même si les échanges d’informations via les forums et listes de discussion étaient courants, quant au terme de curation (ou curation de contenu) il était ignoré même si le phénomène était pratiqué, ainsi je participais à l’ Open Directory Project un annuaire de sites élaboré collaborativement par des contributeurs gérant leurs rubriques, acceptant ou non les sites qui soumettaient leurs demandes d’inscriptions. Nous pouvions compléter les rubriques en recherchant et décrivant des sites méritant d’être signalés. Le travail de sélection, éditorialisation et de partage de ressources que l’expression de curation recouvre était déjà présent.

 

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Fin 2011, le terme de curation n’est plus inconnu en France, et de nouveaux outils apparaissent de façon régulière, j’ouvre un portail Scoop-It : un outil qui permet de réaliser une sorte de magazine en ligne à partir des ressources que l’on souhaite mettre en valeur. Cela me sert à classer, partager ma veille sur des sujets comme la recherche d’information, la lecture et l’écriture numérique, la veille, les réseaux sociaux, mes thèmes d’intérêt et de travail.

D’où viennent les ressources ? De blogs, sites d’informations, d’autres scoop-it que je suis, mis en veille par leurs flux RSS sur Google Reader. Certes, l’outil Scoop-It peut aussi suggérer des ressources, mais après avoir testé cette solution, je préfère mes flux RSS, plus rapides et sélectifs à mon goût.

Scoop-It permet de réaliser un portail de ressources à la manière d’un magazine, avec certains avantages : une lecture agréable, illustrée, des informations renouvelées, et des inconvénients : où est donc cette information que j’ai vue passer il y a quelques temps ? L’outil dispose d’un moteur de recherche interne, mais celui-ci recherche l’information parmi le très vaste ensemble des portails. Sur un portail Scoop-It, on peut indexer par mots-clefs les ressources, mais je ne pense pas que beaucoup de visiteurs s’en servent lors d’une visite, et certaines ressources très spécifiques échappent à ma classification.

Après d’un an de cumul de ressources, j’ai éprouvé le besoin de les classer et de les proposer selon un ordre plus construit. Un autre outil m’est apparu comme étant une bonne solution.

 

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Storify est un service de curation qui permet de réunir, classer rapidement des contenus provenant de réseaux sociaux, de sites web, du contenu vidéo, sur un thème donné. A l’opposé d’une présentation en “magazine” à la Scoop-It, la présentation du contenu est adaptée à la réalisation d’un “dossier thématique” : la réunion sur une page de ressources variées mais d’un même thème. Il est possible de se servir de Storify pour trouver des ressources à partir de différents outils de recherche, mais je préfère y classer des ressources déjà repérées et exposées sur mon Scoop-It.

Les “Storify” construits sont-ils des “dossier thématique” ? L’expression est peut-être abusive : il s’agira au final de ressources web gratuites, excluant ainsi de nombreuses études, livres qui seraient pertinents. D’autre part, il est impossible de faire un lien vers un extrait d’une vidéo ou d’un rapport au format PDF ce qui ne facilite pas le classement.

Malgré ces quelques limites inhérentes au web, cette solution me paraît être un bon complément pour établir des listes thématiques de ressources,  en complément d’un Scoop-It.
Voici les liens vers ces “Storify” que je compte mettre à jour régulièrement. Ils sont aussi disponibles dans un encart présent à gauche de la première page du site.