Mar 122017
 

Complémentaire de ce billet de blog, cette vidéo comporte des démonstrations :

Cet article est destiné à vous donner envie de pratiquer les cartes mentales, appelées aussi mind maps. Après avoir caractérisé ce qu’est une carte mentale, nous nous intéresserons à la réalisation d’une carte faite à la main. Un prochain article sera consacré à la carte sur ordinateur.

Qui n’a jamais connu une panne d’idées face à un texte à rédiger, la préparation d’un cours, d’une réunion? Jack London disait que lorsque l’inspiration ne vient pas, il faut lui courir après avec un gourdin. Il existe une méthode plus pacifique et efficace qui vous poussera à prêter attention aux idées prêtes à émerger : celle des cartes mentales, que j’utilise régulièrement pour l’écriture des articles de ce blog ; elle est aussi très utile pour qui souhaite simplement gagner en efficacité.

Qu’est ce que le Mind Mapping ?

La méthode des cartes mentales (ou mind mapping) a été élaborée par le psychologue Tony Buzan durant les années 70. Il s’agit de représenter vos idées sous une forme visuelle, associant le dessin et l’écriture, ce qui permet d’accéder à une pensée mobilisant et stimulant la créativité comme la rationalité.
Le thème de la carte est placé au centre, de là irradient les idées principales puis secondaires. Les cartes peuvent être réalisées directement à la main, sur une feuille blanche : plus bas, je vais essayer de vous expliquer comment faire une carte sur papier. Elles peuvent être aussi réalisées directement sur ordinateur, à l’aide de logiciels spécifiques — la méthode sera la même, cependant l’outil informatique amènera des possibilités supplémentaires, cela sera l’objet du prochain article.

Voici l’exemple d’une carte mentale

J’ai pris l’exemple de la préparation d’un voyage à New York, la carte doit me permettre de réfléchir à mon organisation. Je l’ai faite rapidement selon les principes du mind mapping : le sujet est au centre —  vous aurez peut-être reconnu la statue de la Liberté. De là partent les branches principales, puis les branches secondaires.
Les cartes peuvent être faites à la main, sur du papier blanc, ou sur ordinateur avec des logiciels spécifiques : cette dernière possibilité sera le sujet d’un prochain article sur ce même blog.

Quelles applications pour les cartes mentales ?

Comme le dit l’encyclopédie Wikipedia : «comme pour d’autres outils de schématisation, les cartes mentales peuvent être utilisées pour générer, visualiser, structurer et classer des idées, aider à étudier et à organiser l’information, résoudre des problèmes, prendre des décisions et écrire.»
Il peut s’agir de remue-méninges (brainstorming), seul ou en collaboration : les idées qui émergent seront insérées dans la carte telles qu’elles viennent.
Il peut s’agir d’une prise de notes à partir d’un discours oral, un cours ou une réunion : les notes seront prises à la volée. En ce cas, comme pour une prise de notes à partir d’un discours écrit, les idées collectées seront disposées sur la carte en utilisant la structure de la carte mentale.
Les cartes mentales pourront accompagner des actions concrètes, dans le cadre d’une gestion des tâches. Elles peuvent servir à amorcer un projet d’écriture, à apprendre une langue, une matière : les usages sont innombrables, dans les domaines de la vie personnelle, des études, de la vie professionnelle ; il serait vain de chercher à établir une liste exhaustive.

Comment faire une carte écrite et dessinée à la main ?

Une légende veut que la NASA dût dépenser une fortune pour fabriquer des stylos adaptés à ses voyages dans l’espace après avoir constaté que les stylos ordinaires ne convenaient pas, tandis que les Russes employaient avec succès de simples crayons de papier. Cette histoire nous rappelle que la simplicité des moyens peut être bénéfique : faire une carte à la main directement sur une feuille de papier peut effectivement être une source de plaisir, et la faible exigence matérielle rend l’exercice plus accessible, notamment en milieu scolaire.
Alors que l’écriture linéaire habituelle ordonne nos idées selon un agencement logique, syntaxique, grammatical, vous allez pratiquer une méthode visuelle destinée à capturer simplement vos pensées telles qu’elles viennent, en écrivant, en dessinant. Tout partira d’une idée principale : le thème de la carte, d’où jailliront, sans se soucier de leurs liens, des idées secondaires. Pour que la carte soit agréable et source d’inspiration, nous utiliserons des mots-clefs, des couleurs, des images.

Quels outils sont nécessaires pour une carte faite à la main ?

Une feuille blanche A3 ou deux feuilles A4 côte à côte feront très bien l’affaire, ainsi que des crayons ou des feutres de couleurs.
Pour la carte que j’ai faite à l’occasion de cet article de blog, je me suis servi d’une seule feuille A4, car je voulais facilement la scanner. C’est insuffisant pour qui souhaite ajouter de nombreux détails.

Etape 1 : le coeur, sujet de la carte

Le sujet de la carte devra être placé au centre. Il est conseillé de le dessiner : l’image facilitera le repérage du sujet, et pourra vous inspirer afin de trouver de nouvelles idées. Il n’est pas nécessaire d’être un expert en dessin (ce n’est pas mon cas, vous pouvez le constater) et si l’inspiration ne vous vient pas, vous pouvez coller une image préalablement découpée, ou dessiner des lettres en forts caractères.
À partir du sujet central, les idées vont «irradier», «rayonner» vers l’extérieur.

Etape 2 : les branches principales

L’étape suivante est celle de l’écriture rapide des thèmes principaux qui vous viennent à l’esprit, sous forme de mots-clefs et d’images. Pour cela, dessinez des «branches» assez épaisses, porteuses des idées qui vous viennent à l’esprit, sous forme de mots-clefs. Afin de stimuler votre imagination, jouez avec les couleurs différentes : cela devrait lors de la lecture de votre carte vous aider à vous concentrer sur une zone spécifique.

Etape 3 : les branches secondaires

À cette étape, ajoutez des branches secondaires (en lien, bien sûr, avec les branches principales.) Ainsi, pour prévoir des sorties à New York, les idées qui me viennent sous forme de mots-clefs sont : musées, parcs, quartiers, panoramas. Plus tard, il pourra y avoir davantage de détails avec des niveaux de branches supplémentaires. Notez l’épaisseur plus fine des branches secondaires afin de faciliter la lisibilité des grandes cartes.

Étape 4 : enrichir la carte

Lorsque tous les détails – mots-clefs ou images clefs ont été ajoutés à votre carte, vous pourrez y ajouter des enrichissements : il s’agit de symboles qui ajoutent du sens à vos idées : ainsi, des «nuages» souligneront l’importance d’une idée tandis que des «relations» établiront des liens.

Un «nuage» a été ajouté pour attirer l’attention sur l’importance des démarches à mener en vue du voyage.

Des «relations» représentées sous la forme de traits entre deux branches signifient qu’un lien peut être établi entre ces idées. Sur la carte, j’ai dessiné un trait entre le budget et les sorties : un budget conséquent permettra plus de distractions. Une autre relation entre le budget et le transport pourra me rappeler que des économies faites sur le transport soulageront les autres postes de dépenses.
D’autres symboles : des accolades, des images symboles d’avertissements, de priorités pourraient être ajoutées. En pratiquant, vous développerez des codes personnels.
Ce temps d’enrichissement de la carte, qui correspond à un temps de réflexion est très plaisant, du fait de l’utilisation d’images, de couleurs. L’ajout de ces symboles vous aidera à réfléchir quand votre carte sera terminée. Les mêmes opérations réalisées sur un texte rédigé seraient moins agréables et chronophages.

Les limites de la carte écrite et dessinée à la main

Une feuille et quelques crayons suffisent pour faire des cartes mentales à la main sur papier, qui demandent moins de moyens que les cartes informatiques. Elles seront utiles pour qui souhaite découvrir la méthode, ou quitter son écran d’ordinateur pour un moment de créativité et de découverte. En procédant ainsi, il sera cependant plus difficile d’obtenir un résultat soigné et présentable. La capitalisation, l’échange autour du travail effectué sera aussi plus difficile qu’en travaillant sur ordinateur : la carte écrite et dessinée directement sur le papier sera le plus souvent réservée pour un usage personnel.

L’article suivant est consacré à la carte mentale réalisée sur ordinateur : Comment faire une carte mentale ? 2/ Avec l’outil informatique
Un autre article de ce blog sur le thème des cartes mentales peut vous intéresser : « Comment les cartes mentales peuvent vous aider à écrire ».

Conseils de lecture

Voici quelques conseils de lecture, des livres et des sites à consulter au sujet des cartes mentales :
Buzan, Tony. Une tête bien faite. Éd. d’Organisation, 1974.
Buzan, Tony. The Ultimate Book of Mind Maps. Harper Thorsons, 2012.
Delengaigne, Xavier. La Boîte à outils du Mind Mapping. Dunod, 2014.
Delvaux, Benoît. Des idées à la carte: Mind Mapping et Cie pour manager de 180 ° à 360 °. EMS, 2009
Urfist de Paris, Cartes heuristiques : éléments théoriques et usages en contexte universitaire, 2012
https://fr.slideshare.net/URFISTParis/cartes-heuristiques-11922447
Formation 3.0 http://format30.com/
Heuristiquement : http://www.heuristiquement.com/
Pétillant : http://www.petillant.com/

Mar 252015
 

Complémentaire de ce billet de blog, cette vidéo comporte des démonstrations :

Note : je vous propose des cours particuliers à distance sûrs et efficaces pour maîtriser le mind mapping, voir cette page.

Qu’est-ce que le mind mapping ? Quelles en sont les règles essentielles ?

La méthode du mind mapping a été élaborée par le psychologue Tony Buzan durant les années 70. Les cartes produites sont aussi appelées « cartes mentales » ou « cartes heuristiques ». Le mot « heuristique » vient du grec ancien et signifie « l’art de trouver ».
Ecrites et dessinées, ces cartes permettent de représenter l’information sous une forme visuelle, ce qui permet d’accéder à une forme de pensée mobilisant et stimulant la créativité comme la rationalité.
La carte est faite de dessins et de mots-clefs, son thème principal est placé au centre, de là irradient les idées principales puis secondaires.


Aujourd’hui les cartes dessinées côtoient celles réalisées avec des logiciels de mind mapping et cette méthode destinée à l’origine à stimuler l’apprentissage et la mémoire connaît de multiples applications en entreprise comme la planification, la gestion de projet, etc.

Le mind mapping, un outil pour l’écriture

Le mind mapping est une forme d’écriture différente de l’écriture linéaire, couramment pratiquée, y compris sur ce blog.

Souvent opposées, ces deux formes peuvent pourtant être complémentaires, les cartes mentales peuvent ainsi servir à l’écriture d’un texte, pour plusieurs raisons :
– Les mots écrits sur une carte mentale sont choisis librement. Cela peut aider à déshiniber ceux qui souffrent de l’angoisse de la page blanche.
– La carte mentale avec ses différents niveaux de branches est une arborescence qui peut aider à concevoir la structure d’un texte.
– Vous ne subirez plus les contraintes des pages au format A4 : la carte mentale peut rassembler en un même espace de très nombreuses données.
– En version informatique, la carte peut servir à capitaliser les ressources documentaires, notamment lorsqu’elles sont en ligne ou conservées comme fichier sur le poste : elles seront facilement joignable par un lien hypertexte.

 Comment le mind mapping peut-il servir dans un travail d’écriture ?

Trois phases du travail peuvent être distinguées :
– La phase heuristique : la carte sert à trouver les idées et les mots
– La préparation de l’export : il s’agit de donner à la carte une forme plus proche de ce qui sera attendu dans un texte linéaire
– L’export du texte vers le logiciel de traitement de texte

 La phase heuristique

Au cours de cette phase dite heuristique le but est de trouver des idées.
Nous allons organiser les concepts, les démonstrations, les exemples jusqu’au niveau du plan détaillé, en pratiquant une écriture libre mais structurée par les possibilités des cartes.

Supposons que je construise une carte… sur les cartes mentales. Après avoir posé le sujet au centre, je peux écrire les idées qui me viennent à l’esprit sur les branches de premier niveau.


Afin de mieux trouver des idées, j’utilise la méthode : QQQOCP Qui Quoi Quand Où Comment Pourquoi.


Plus tard, les questions disparaîtront au profit d’un autre plan.

 Dans un premier temps, ne vous souciez ni de l’ordre des idées, ni du niveau de détail : si l’inspiration vous vient au sujet d’une idée, profitez en pour l’approfondir, il sera toujours temps de compléter les autres branches lorsque vous serez plus inspiré. L’important est d’avancer dans le travail d’écriture, et de profiter des possibilités offertes par la carte


Il est probable que vous travailliez avec un certain nombre de ressources documentaires : il serait profitable de les joindre à la carte surtout s’il s’agit de documents en ligne ou sous forme de fichiers informatiques. Pour cela, sur une branche intitulée : « ressources » placez des mots-clefs repères qui permettent d’identifier le document : titre, auteur, mots-clefs principaux et insérez les liens hypertextes vers les dits documents.


Pour l’instant, nous nous sommes servis d’éléments rudimentaires les branches et les mots-clefs. Or, ce mode de représentation offre de nombreuses possibilités visuelles permettant de mettre en valeur l’information» : il peut s’agir d’icônes, de formes, couleurs ou images qui aideront à faire émerger des nouvelles idées.
– Ainsi, sur l’image plus haut, la relation entre Tony Buzan et le logiciel de mindmapping qu’il cautionne, Imindmap, est soulignée par une flèche.
– Le passage clef qui explique les bases de la construction d’une carte est mis en relief et distingué des autres, du fait de son importance, par une forme de nuage.

Ces enrichissements font émerger du sens avec une économie de signes : une flèche, une forme, suffisent et pourront faire émerger de nouvelles idées inspiratrices.

La préparation de l’export

Pour passer d’une carte mentale à un texte organisé de façon linéaire, il suffit de faire une manoeuvre d’exportation, cependant il conviendra auparavant de faire quelques transformations sur la carte.
N’hésitez pas à faire une copie de votre carte avant : cela vous permettra de garder la trace d’informations qu’il est délicat de faire passer sous forme textuelle comme les icônes, les connexions entre les idées sous forme de flèche, ou encore les formes qui entourent des idées.

Voici des conseils qui vous permettront de remanier la carte de façon à la transformer en texte :
– Votre carte mentale comporte certainement nombre de mots-clefs résumant votre pensée, selon les recommandations de Tony Buzan. Il faut les transformer en phrases.
– La pratique des cartes mentales amène à associer librement les idées. Veillez à ce qu’elles soient groupées de façon logique.
– Ordonnez les idées. Les logiciels de Mind Mapping suivent en général l’ordre des aiguille d’une montre : placez en haut à droite la branche qui deviendra la première ligne de votre texte après l’export.
– Sans doute faudra t’il aussi « ramasser » la forme : si une carte peut avoir la profondeur que l’on souhaite, un texte, surtout s’il est court aura rarement plus de trois niveaux de titres.
– Traduisez en mots les signes visuels (les relations, les mises en valeurs, les icônes) que vous jugez importants.

 Exporter le plan structuré vers un traitement de texte

A ce stade, vous avez remanié votre carte afin qu’elle soit plus proche d’un texte écrit. Afin d’en transférer le contenu vers un traitement de texte, nous allons nous servir des fonctions d’exportation du logiciel de mindmapping. Chaque logiciel étant différent, seuls les logiciels gratuits Freemind et Freeplane, ainsi que XMind pour sa version gratuite seront abordés.

Depuis le logiciel Xmind (version gratuite)
– Soit copier l’ensemble des branches de la carte, et collez sur un document ouvert dans le traitement de texte
– Soit choisir le format d’exportation html : ouvrir le document html créé dans le navigateur, sélectionner le texte et le coller dans le traitement de texte.

 Depuis le logiciel Freemind :
– Soit copier l’ensemble des branches de la carte, et collez sur un document ouvert dans le traitement de texte
– Soit, par le menu Fichier puis Exporter, choisir le format Document Open Office Writer : l’export se fera vers un format bureautique exploitable directement avec le traitement de texte Open Office, cependant le logiciel Word pourra aussi ouvrir le document.

 Depuis le logiciel Freeplane :
Les deux procédures mentionnées plus haut pour le logiciel Freemind sont valables pour Freeplane
Malgré son titre étrange, l’option disponible depuis le menu Fichier puis Exporter, « Microsoft Excel 2003 et au delà (format xml) (.xml .doc) » permet d’obtenir un document Word où les différents niveaux de titres seront hiérarchisés.
L’option d’exportation : « Txt » permettra d’obtenir un fichier au format txt (texte brut) où la hiérarchisation des titres sera présente grâce à une numérotation.

Si au lieu de Word vous vous servez du logiciel de traitement de texte pour les auteurs Scrivener, il sera aisé d’exporter une carte mentale Freeplane ou Freemind et de la retrouver structurée dans Scrivener.
– Avec Freemind : Scrivener pourra importer une carte faite avec Freemind.
– Avec Freeplane : choisir d’exporter au format OPML, puis l’importer dans Scrivener.