jan 132013
 

J’anime un stage : « Scrivener, le traitement de texte des auteurs qui facilite l’écriture » pour l’Agence Régionale du Livre PACA destiné aux auteurs de la région,  du lundi 08 décembre 2014 au mardi 09 décembre 2014 à la Cité du Livre – Aix-en-Provence, renseignements ici

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Qu’est-ce que Scrivener ?

Scrivener est un logiciel de traitement de texte spécialement conçu pour les auteurs qui permet de structurer aisément l’écrit, gère la documentation nécessaire ainsi que les différentes notes de travail liées au travail d’écriture.

Son concepteur Keith Blount l’a développé au début des années 2000 pour mener son propre projet d’écriture. Il continue aujourd’hui à le développer dans le cadre d’une société anglaise : Literature & Latte’s. Scrivener est disponible à l’essai durant 30 jours ou pour le prix de 35 euros environ, en version Macintosh, Windows, et quoique de façon non officielle, aussi pour Linux.

A quoi sert Scrivener ?

Ecrire, c’est répondre à un certain nombre de contraintes face auxquelles les habituels logiciels de traitement de texte ne sont pas vos meilleurs amis.
Ainsi, un long document doit être bien structuré  : il faut établir un plan,  hiérarchiser l’ensemble. Pour cela, il faudra parfois déplacer un paragraphe, scinder un chapitre en de multiples éléments. Or les éditeurs de texte les plus courants sont conçus pour mener une écriture linéaire : à l’exception d’un mode plan peu convivial, tout s’affiche d’un seul tenant, de haut en bas ce qui rend complexe les opérations de restructuration.  Il faut aussi gérer une documentation abondante faite de fichiers divers (pages web, fichiers pdf) et de vos indispensables notes de travail.

Logiciel conçu pour les auteurs, Scrivener répond à ces contraintes : il permet d’écrire sous la forme de multiples notes, de les disposer, comparer, réviser, assembler à volonté jusqu’à la décision d’établir le document final. Ses fonctions d’annotations du contenu permettront de marquer des passages spécifiques (ceux qui mentionnent un personnage, un nom de société) afin de les trouver facilement. Comme un bon gestionnaire d’information, Scrivener rassemble dans un même fichier votre écrit en cours, vos notes de travail ainsi que la documentation, textes ou images. Enfin, composer un document long et difficile demande une forte attention : Scrivener permet de se concentrer sur la seule écriture, en attendant la compilation finale où sera traitée la mise en page.

A quoi ressemble Scrivener quand on le prend en main ?

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  1. Ce premier panneau s’appelle le Binder. Il contient les dossiers et votre document découpé en autant d’items que vous le souhaitez. Vous pouvez à tout moment modifier la hiérarchie, déplacer, scinder un item ou en regrouper plusieurs.
  2. Le dossier Research : c’est ici que vous pourrez placer la documentation utile à votre projet d’écriture : des articles au format pdf, des pages web, des images, des documents bureautiques.
  3.  Une zone pour écrire ou voir le texte. Il est possible de voir plusieurs items cote à cote. Notez que Scrivener dispose aussi d’un mode plein écran idéal pour écrire sans distractions : l’écran d’ordinateur se remplit du texte seul.
  4.  Zone synopsis et métadonnées : ici les commentaires sur votre travail qui ne figureront pas dans le document final,  ainsi que des métadonnées comme le statut du texte : premier brouillon, second brouillon, à faire, terminé.

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En un clic, on passe d’une vision qui permet d »écrire à une vue de l’ensemble des notes sélectionnées sur un corkboard ou un panneau de liège. Ce n’est plus le texte destiné à être publié qui apparaît, mais vos notes de travail. Cette vision synoptique est parfaite  pour prendre des décisions : déplacer, regrouper, supprimer un item, etc.

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Pour gérer votre projet d’écriture, vous pouvez afficher un aperçu de type plan nommé Outliner. Vous verrez alors les  métadonnées utiles assignées à chaque item : titre, synopsis, statut, nombre de mots, etc.

De nombreuses fonctionnalités qui facilitent le travail d’écriture

  • La possibilité de faire des arborescences de dossiers, mais aussi des items de texte, afin de structurer comme vous le désirez.
  • La possibilités d’insérer des notes de bas de page qui feront partie du texte final, et des commentaires en cours d’écriture qui n’en feront pas partie.
  • Des mots-clefs assignés aux items de votre choix : cela permet par exemple de noter les passages qui citent une société ou un personnage, afin de les trouver facilement.
  • L’automatisation des sauvegardes que l’on peut associer à l’utilitaire Dropbox (ou un de ses concurrents) afin que le travail soit sauvegardé dans le « cloud » et hors de portée des possibles plantages de l’ordinateur.
  • Des snapshots ou instantanés du texte : il s’agit d’une version d’un item figée au moment de votre choix. Vous êtes libre alors de modifier la version, ou de revenir en arrière, et même de comparer plusieurs versions afin de retenir celle qui vous convient le mieux.

Et l’oeuvre finale…

Compiler le document, c’est produire l’oeuvre finale : il est possible d’exporter votre travail vers de  nombreux formats, doc, pdf, ou des formats propres à l’ebook comme l’epub ou mobi (Amazon Kindle). A ce stade, de nombreux réglages sont possibles, comme la sélection des élements qui seront présents ou non dans le document, les sauts de page, etc.

Associer Scrivener à un logiciel de mindmapping 

Le mindmapping (ou réalisation de cartes heuristiques)  est une technique qui facilite l’organisation des idées en utilisant la visualisation des informations sous forme de carte arborescente proche du cheminement associatif naturel de la pensée.

Si les logiciels de Mindmapping ne disposent pas des mêmes fonctionnalités d’aide à l’écriture que Scrivener, ils sont excellents pour aider à trouver des idées, et pour construire un plan d’ensemble.

Il est possible d’utiliser les deux outils dans un process d’écriture : écrire les premières idées, créer un plan à l’aide d’une mindmap, puis reprendre ce plan à l’aide de Scrivener. En effet, la version Mac et bientôt la version Windows permettent d’importer des cartes réalisées avec des logiciels de mindmapping. Cette courte vidéo montre le dispositif.

Associer Scrivener à un  logiciel de gestion des références bibliographiques

Si vous rédigez un texte érudit, vous devrez insérer de nombreuses références bibliographiques. Il vous sera possible de combiner l’utilisation de Scrivener et d’un logiciel de gestion et d’insertion des références comme Endnote, Zotero ou Mendeley (Voir ce tutoriel ou celui-ci )

  19 Responses to “Scrivener facilite l’écriture d’une thèse, d’un rapport, essai, roman, mémoire, etc.”

  1. Pour information, Ce logiciel jusqu’à présent en anglais est en cours de traduction, la version que j’utilise est la version windows beta disponible sur les forums de Scrivener, partiellement traduite en français, mais c’est déjà ça

    http://www.literatureandlatte.com/forum/viewforum.php?f=34&sid=15320f55ea36baa0a06c721d2ca81904

  2. Je l’utilise depuis 2 ans, c’est assez bien pensé mais c’est aussi une usine à gaz. Bien réfléchir à son utilité avant de l’acheter.

    • Bonjour, et merci de votre commentaire !

      Utilisateur, je ne partage que partiellement votre point de vue – mais je comprends tout à fait qu’on puisse avoir des appréciations différentes.
      Je le partage dans la mesure où il est préférable effectivement d’avoir un projet d’écriture de long document pour que l’achat et l’investissement en temps d’apprentissage devienne rentable, En revanche, je ne trouve pas que les fonctionnalités nombreuses certes soient aussi encombrantes, une fois compris le dispositif d’organisation des dossiers, des items, des points de vue de visualisations différents, j’y trouve un vrai gain de temps pour des documents qui demandent une solide structuration.
      C’est vrai que pour écrire des articles de blogs, nettement plus courts, ce logiciel ne s’impose pas.

  3. Je ne connaissais pas du tout ce logiciel. Le concept me fait penser un peu à Docear qui lui intègre le logiciel gratuit Freeplane dans sa suite et son propre gestionnaire de références.

    Mais je suis curieux de tester celui-ci. Merci pour l’information et à bientôt,

    Marco.

    • Bonjour Marco, Merci de votre commentaire et de l’info : je ne connaissais pas Docear, l’idée de lier les trois dispositifs en un logiciel est intéressante !

      Scrivener dispose aussi de son dispositif de mindmapping (ou proche du mindmapping), un utilitaire nommé Scapple qui n’est hélas disponible que pour Mac : http://www.theatlantic.com/technology/archive/2012/11/scapple-very-interesting-new-software-from-the-creator-of-scrivener/265076/

      • Hello François,

        Oui, j’ai vu la démo du logiciel Scappel sur Youtube et j’avais vraiment envie de l’essayer… Mais, c’est réservé pour l’instant aux seuls Mac. Frustration quand tu nous tiens !

        Je suis tout à fait d’accord que Scrivener ne s’impose pas pour des textes courts. Mais, accompagnant des étudiants d’université et voyant leurs difficultés face à des textes de plus de 3.000 signes, je crois que l’effet « usine à gaz » disparaît rapidement devant l’efficacité du logiciel en terme de structure et de gestion des relations entre le tout et les parties…

        Pareil pour certaines entreprises qui doivent fournir des dizaines de rapports et se prennent les pieds dans le tapis à chaque fois avec un traitement de texte…

        Merci pour cette belle découverte, François ;-)

        • Bonjour Marco,

          Merci de ton commentaire.

          J’ai aussi hâte que Scapple soit disponible en version Windows, il me souvient avoir lu sur leur forum que le développeur disait que ça viendrait, sans prévision de dates encore. Mon premier avis sur l’outil, le prônant plutôt pour des écrits longs que courts, peut certainement être modulé : il s’agit là du positionnement premier du logiciel, l’aide à l’écriture d’un roman. En fait, étant donné que ce logiciel demande un apprentissage conséquent, il faut mieux l’utiliser au long court que sur une courte période, mais ses possibilité de classements, de hiérarchisation peuvent aussi convenir pour la rédaction de nombreux textes qui partagent le même thème, la même documentation. Et,dans le cadre d’études, on peut classer la documentation d’appui dans les bons dossiers de Scrivener, puis créer des fiches de lectures, des mots-clefs dans le dossier « recherche », et se lancer dans la rédaction des devoirs dans le dossier ébauche.

          En ce moment, je teste Docear, pour comparer les deux dispositifs : il me semble que selon le projet d’écriture (et le profil de l’utilisateur) : technique, scientifique, littéraire, l’un ou l’autre de ces dispositif peut convenir…

  4. [...] Scrivener facilite l’écriture d’une thèse, d’un rapport, essai, roman, mémoire, etc. » Fra… [...]

  5. [...] Scrivener facilite l’écriture d’une thèse, d’un rapport, essai, roman, mémoire, etc. » Fra… [...]

  6. Bonjour François,

    Merci pour cette présentation de Scrivener.

    Pour ma part, je suis un peu surpris d’apprendre que certains trouvent Word (en mode plan) mal adapté à l’écriture d’un long texte. J’ai rédigé l’an dernier un essai de 450 000 signes et je n’ai ressenti aucune contrainte particulière. Si ce n’est peut être celle de devoir ouvrir un fichier par chapitre pour pouvoir passer aisément d’un chapitre à l’autre.
    Pour la gestion de la doc, j’ai utilisé Evernote qui m’a également donné toute satisfaction.

    Cela dit, en apprenant l’existence de Scrivener, cela me donne envie de l’essayer pour voir la différence avec Word+Evernote. Comme toujours, c’est l’offre qui crée la demande et non l’inverse…

    Bonne journée

    • Bonjour Frédéric,

      Merci de votre commentaire

      Ma formulation quant à Word est sans doute un peu courte, quant à un usage qui mériterait plus de développement : effectivement de très nombreux auteurs arrivent à écrire avec Word tel qu’il est. Disons que Scrivener pousse jusqu’au bout la logique du mode plan, la structuration par petits items que l’on pourra recomposer librement, et à l’usage, beaucoup y trouvent un avantage pour composer des écrits longs.
      Mais je pense que le mieux, comme vous le faites, c’est de l’essayer, au delà des discours, rien ne remplacera l’expérience, et surtout l’appropriation que chacun en fera, et qui peut être très diverse.

      Bonne journée aussi à vous

  7. Bonjour,

    En début de rédaction de thèse, je suis bien tenté par ce logiciel, mais j’ai une question toute bête : en quel format sont enregistrés les fichiers ? Peut-on importer des documents word pour traitement autrement que par copier-coller sur le texte ?

    Mais c’est vrai que la rédaction d’un plan par word était vraiment une épreuve rude, je découvre le mindmapping et suis ébahi !

    Merci,

    Louis G.

    • Bonjour,

      Questions très utiles !
      Scrivener peut importer et convertir de nombreux formats de fichiers donc ceux de Word. Il lit mais ne convertit pas les fichiers pdf. Pour des formats qu’il ne convertit ni n’affiche, comme powerpoint, il sont conservés dans le projet Scrivener dans leur format d’origine, c’est à dire qu’en cliquant sur un fichier Powerpoint dans un projet Scrivener il s’ouvre avec le logiciel Powerpoint.

      En fin de rédaction, on procède à la compilation, Scrivener ne touche pas à vos textes écrits, mais ils sont exportés dans le format voulu (doc, pdf, rtf, etc.) avec de nombreux paramètrages possibles, du plus simple pour qui veut un export simple de son travail pour le formater dans Word, au plus compliqué pour qui veut commander le formatage, comme la numérotation des chapitres, la mise en page, etc directement dans Scrivener.

      • Merci Magnan pour ces réponses encore plus utiles. Et j’imagine que l’on peut facilement importer l’ensemble des polices de caractère office ?

        • Le principe de Scrivener est d’afficher le formatage de votre choix pour l’écriture, ou un minimum de formatage, ce qui permet dans un premier temps de se consacrer au contenu plutôt qu’à la mise en forme. A ce stade, de nombreuses polices sont proposées, je n’ai pas vérifié s’il y en a autant que sur Word.
          Ensuite l’opération de compilation laissera votre travail de création intacte mais produira une copie en sortie,
          soit avec un formatage intact, soit avec un formatage retravaillé avec des substitutions de police.
          Avec ce principe, vous arriverez à afficher au final la police de caractère de votre choix, même la plus exotique, quitte à faire une sortie au format Word et retravailler la dite police.

  8. Bonjour et merci pour cette présentation,

    Il est vrai que Scrivener est bien pensé mais il n’est pas abouti. Il ne manque pas grand chose : la prise en charge des règles dactylographiques francophones comme les tirets quadratins et les guillemets français. Et sans oublier un système en ligne. Si je suis chez moi pour commencer un chapitre de mon roman et que je souhaite continuer dans un autre lieu, je suis bloqué si je ne veux pas passer par une application tiers. Je tiens à dire aussi que ma version contient une traduction très hasardeuse. Et concernant la sortie du document pour la mise en page, j’ai été perdu je l’avoue…
    Résultat des courses après un mois d’utilisation : je suis revenu à Openoffice avec un document maître qui contient mes différents chapitres et parties. Car les règles de présentation d’un script à une maison d’édition sont très strictes. La moindre faute est fatale.
    Il paraît qu’une mise à jour est en bêta…j’espère être agréablement surpris et que ce post que j’écris ne sera plus d’actualité car Scrivener est très prometteur ;-)

    • Bonjour et merci de votre retour d’expérience, je suis désolé de vous voir découragé mais c’est sans doute provisoire

      Voici des réponses qui je l’espère vous aideront à reprendre pied sur l’outil

      - pour le système en ligne :

      Il est déjà possible de travailler en plusieurs endroits en ayant Scrivener installé sur plusieurs postes (ce que je fais entre mon PC et mon Mac) pour cela, il suffit d’enregistrer le projet Scrivener dans un dossier géré par l’utilitaire Dropbox qui se charge de la synchronisation. De plus, en 2014 apparaîtra une version IOS pour ceux qui veulent travailler sur Ipad, et par la suite une version Android.

      - Pour les remplacement de caractères (tirets, guillemets)

      Avez-vous essayé les réglages de correction automatique :
      Windows :
      Menu outils correction puis éditer les substitutions
      Mac :
      Menu Scrivener, préférences, puis corrections remplacements

      _ Il manque encore une bonne documentation en français expliquant tout de ce logiciel. Néanmoins, en cherchant ou en se formant, on arrive à vite à gagner du temps en raison des possibilités d’organisation et de structuration qu’il offre.
      Je pense que c’est un peu difficile en ce moment pour vous car vous partez d’habitudes bien acquises sur Open Office, pour un logiciel où il faut réapprendre la mise en forme.
      Le principe de la compilation qui divise la structuration de la mise en forme est aussi à acquérir, il permet ensuite de gagner plein de temps.Il faudra que je fasse un article en français qui en explique les bases, je pense qu’au début de l’apprentissage il est utile d »y consacrer quelques heures.

      Bon courage à vous

  9. Séduit par votre description de Scrivener, j’ai installé la version 1.7.2 et j’ai longuement pesté contre une interface partiellement en anglais… Avant de comprendre qu’il fallait choisir « Nouveau projet – Vide » pour avoir l’interface complétement en français. Tandis qu’en choisissant Novel, je tombais sur une interface en anglais dans la colonne de gauche, peu commode à utiliser.
    Merci encore pour vos explications fort utiles.

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